Le « virage ambulatoire » de l’hôpital : de la communication ou une vraie politique de santé ?

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Entré le matin à l’hôpital, le patient opéré ressort le jour même : c’est le principe de l’ambulatoire. Ici dans le service de cardiologie d’une clinique de Rome, en Italie.
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Yves Palau, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

À l’hôpital, les soins en ambulatoire, c’est-à-dire sans que le patient y passe la nuit, sont encouragés depuis plusieurs années. « D’ici à 2022, je souhaite porter la médecine ambulatoire à 55 % et la chirurgie ambulatoire à 70 % », contre 43 % et 54 % aujourd’hui, déclarait la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, à l’automne 2017.

Ce changement dans la manière de soigner, qualifié de « virage ambulatoire », vise à la fois à délivrer de meilleurs soins et à diminuer leur coût. Deux spécialistes de notre système de santé se sont rapprochés pour l’analyser dans un livre publié récemment aux Presses de l’EHESP, Les fondements du virage ambulatoire. Maurice-Pierre Planel est président du Comité économique des produits de santé, organisme chargé notamment de fixer le prix des médicaments. Frédéric Varnier est directeur général adjoint de l’Institut Gustave Roussy, le centre anti-cancer parisien.

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Les drogues face au droit

L’ouvrage est paru en 2015 aux éditions du PUF. Edité par Henri Bergeron et Renaud Colson, ce livre, composé de 8 chapitres, est assez concis. Henri Bergeron est connu pour ses travaux portant sur le lien entre les politiques publiques et la santé. Il enseigne à l’IEP de Paris. Renaud Colson quant à lui est juriste et maître de conférences à l’université de Nantes. Le profil des autres contributeurs varie également, ce qui permet à ce livre de présenter différentes approches de la prohibition des drogues et donc une vision plus globale. Tous les articles à l’exception de celui de M. Nacer Lalam ont été publié sur le site laviedesidées.fr. Ce site, dirigé par Pierre Rosanvallon et donc lié au Collège de France, a pour objectif de promouvoir l’accès aux recherches réalisées par des spécialistes en sciences humaines. Cette vulgarisation scientifique se ressent assez bien à la lecture du livre qui se destine aussi bien au grand public qu’à des chercheurs. La sortie du livre se fait dans un contexte où la politique répressive à l’égard des drogues ne fonctionne pas et est remise en cause au sein de la société. Malgré des lois parmi les plus répressives en Europe, la France reste le pays ayant le plus de consommateurs de cannabis en Europe.

 

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Lutte anti-tabagisme : la Corée du Sud plus efficace que la France ?

 

Le paquet neutre français. http://solidarites-sante.gouv.fr/  | Un paquet de cigarettes sud-coréen. www.mohw.go.kr/

La lutte contre le tabagisme remonte aux années 1950, à l’époque de la publication des premières études anglo-saxonnes démontrant les effets nocifs du tabac sur la santé des consommateurs. Des politiques publiques ont alors été adoptées à différents niveaux, notamment international avec la Convention-Cadre de l’OMS pour la Lutte Anti-Tabac, ratifiée en 2003 par 181 pays dont la France et la Corée du Sud. Comment ces deux pays s’y prennent pour respecter leur engagement dans la lutte contre le tabac ? Les politiques publiques nationales respectives déployées sont-elles efficaces ? La comparaison de la lutte contre le tabagisme en France et en Corée du Sud, deux pays aux cultures et normes sociales très différentes, permettra en outre de faire émerger les différentes raisons de la réussite ou de l’échec des politiques publiques en matière de lutte contre le tabagisme, à commencer par l’importance du rôle des différents acteurs.

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Lisbonne. Wanna weed, coke, MD… ?

Jean-Marc Pasquet

La Rua dos Anjos dans le quartier de la Mouraria à Lisbonne
Photo : Jean-Marc Pasquet

Correspondance. Comment la dépénalisation associée à une politique de prévention et à un accompagnement des personnes dépendantes a conduit à une baisse de la consommation de drogue et de la criminalité qui lui est associée au Portugal. Un exemple à suivre ?

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Politiques publiques de lutte contre la drogue: de la répression à l’accompagnement ?

D’après la définition de l’Organisation Mondiale de la Santé parue en 1967, « les drogues sont des substances naturelles ou artificielles en mesure de modifier la psychologie et l’activité mentale des êtres humains. » Certaines de ces substances dites « psychoactives » ont un usage réglementé, tels que le tabac ou l’alcool. Néanmoins, la plupart d’entre elles restent illégales en France. Lire la suite

Les bébés controversés ou la GPA

La Gestation Pour Autrui en tant que méthode de procréation se pratique généralement lorsqu’une femme n’a pas la possibilité médicale de mener à bien une grossesse. Cette dernière fait donc appel à une mère porteuse pour s’occuper du développement in utero de l’enfant. Les parents d’intention peuvent être les parents biologiques de l’enfant s’ils ont tous les deux fourni les gamètes à l’origine de l’embryon, partiellement s’il y a eu don d’ovocyte ou de sperme, ou n’avoir aucun lien génétique s’ils ont eu recours à deux dons de gamètes. En droit français, la GPA est régie par les lois relatives à la bioéthique[1]. Lire la suite