La généralisation des outils numériques et la relation usagers-administration

La simplification administrative a été une constante de la politique de l’État. Ce dernier a toujours voulu rentrer dans l’ère du numérique. Les TIC sont devenues les leviers « inéluctables » d’une transformation profonde du fonctionnement des services de l’État, appelées à devenir le support privilégié des relations entre administrations et administrés.

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La fabrication de la réforme de la SNCF comme confrontation discursive entre syndicats et gouvernement

Les syndicats sont l’une des parties prenantes des politiques publiques. Si l’État a en main le pouvoir décisionnel, Burawoy [1] rappelle que les syndicats et les corps intermédiaires participent à la production des politiques publiques en ce qu’elle est définie par « des luttes menées au sein de la sphère de production sur les relations de et dans la production et régulées par des appareils de production ». Par la négociation collective ou encore par les pressions qu’ils exercent, les syndicats construisent, modèlent et modifient le cours des politiques publiques. Le dialogue entre les tenants du pouvoir, le gouvernement, les représentants locaux et les corps intermédiaires participe directement à construire ces politiques. L’interaction entre les gouvernants et les gouvernés participent à la stabilité du pouvoir politique et à la construction de sa légitimité. L’actuelle réforme de la SNCF par le gouvernement Macron en est une illustration. Le président de la République, fraichement élu, cherche à réformer la SNCF, il ne peut pas simplement décider de cette réforme, il doit la construire avec les administrés, avec les cheminots et leurs représentants, que ce soit dans un cadre souhaité (concertation, réunions) ou non souhaité (confrontation, échanges par médias interposés, mobilisation). Cette « discussion » transforme alors les politiques publiques en profondeur et participent directement à la fabrique des politiques.

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L’invention de la diversité

Le quinquennat du Président Nicolas Sarkozy et les années 2000 plus généralement, ont été marqués par la « publicisation » du terme « diversité » au sein de l’espace public : qu’il s’agisse d’acteurs publics qui se sont saisis de la question ou d’acteurs privé. En 2008, l’ex-Président a demandé que le terme « diversité » soit intégré au préambule de la Constitution de 1958. Sa demande essuya un refus de la part du comité présidé par Simone Veil en raison du caractère flou de la notion.

Réjane Sénac, enseignante à Science-Po Paris et Paris III, chercheuse au CNRS et au CEVIPOF, a réalisé durant un an (2008-2009) une série d’entretiens auprès d’acteurs divers (partis politiques -UMP, PS-, d’associations féminines/féministes et entreprises) afin de clarifier la définition du terme « diversité » mais aussi en vue de mettre en lumière les politiques publiques misent en place afin de la promouvoir.

 

 

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La politique culturelle

Promis par Emmanuel Macron durant sa campagne présidentielle, le “Pass Culture” est une aide d’un montant de 500 euros qui sera délivrée aux jeunes Français âgés de 18 ans. La ministre de la Culture et architecte de ce projet, Françoise Nyssen, a annoncé le 17 décembre 2017 qu’il serait testé dès septembre 2018 dans 4 départements. Il a pour but de permettre aux nouvelles générations d’accéder à la culture, quels que soient leurs origines sociales, leurs revenus ou leurs lieux de résidence. Cette aide doit ainsi aider à lutter contre la ségrégation culturelle, qui a fait de la culture un produit de luxe. Elle veut aussi combattre les “déserts de culture” observés dans les quartiers les plus défavorisés des grandes métropoles ou les zones rurales. L’ouvrage de Vincent Dubois, sociologue et politiste, issu en 1994 de sa thèse,  permet de comprendre la genèse de « la formation de la culture comme catégorie d’intervention publique en France » (p. 8). Il s’agit d’expliquer la manière dont la culture est construite comme objet de politiques publiques, mais aussi les conditions historiques particulières qui ont rendues possible l’élaboration de la politique culturelle comme catégorie légitime d’action publique.

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Les drogues face au droit

L’ouvrage est paru en 2015 aux éditions du PUF. Edité par Henri Bergeron et Renaud Colson, ce livre, composé de 8 chapitres, est assez concis. Henri Bergeron est connu pour ses travaux portant sur le lien entre les politiques publiques et la santé. Il enseigne à l’IEP de Paris. Renaud Colson quant à lui est juriste et maître de conférences à l’université de Nantes. Le profil des autres contributeurs varie également, ce qui permet à ce livre de présenter différentes approches de la prohibition des drogues et donc une vision plus globale. Tous les articles à l’exception de celui de M. Nacer Lalam ont été publié sur le site laviedesidées.fr. Ce site, dirigé par Pierre Rosanvallon et donc lié au Collège de France, a pour objectif de promouvoir l’accès aux recherches réalisées par des spécialistes en sciences humaines. Cette vulgarisation scientifique se ressent assez bien à la lecture du livre qui se destine aussi bien au grand public qu’à des chercheurs. La sortie du livre se fait dans un contexte où la politique répressive à l’égard des drogues ne fonctionne pas et est remise en cause au sein de la société. Malgré des lois parmi les plus répressives en Europe, la France reste le pays ayant le plus de consommateurs de cannabis en Europe.

 

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La globalisation de la surveillance, aux origines de l’ordre sécuritaire

Et si, sous les traits de mesures sécuritaires destinées à protéger les citoyens d’une menace plus ou moins imminente, se cachait en réalité une entrave à nos libertés les plus fondamentales, dont l’objectif serait de contrôler la plèbe ? Tel est le postulat de la généalogie des dispositifs de surveillance entreprise par Armand Matellart, écrivain et sociologue franco-belge.

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Le Gouvernement Asymétrique des Migrations. Maroc/Union Européenne

Nora El Qadim est maîtresse de conférences en science politique à l’Université Paris 8 et chercheuse au LabToP. Spécialiste de la politique migratoire du Maroc, ce livre est une version remaniée de sa thèse, soutenue en 2013 à l’Institut d’Études Politiques de Paris. Il porte sur les négociations entre l’Union européenne (UE) et le Maroc sur le projet d’accord de réadmission, visant à “faciliter les retours forcés de migrants en situation irrégulière vers leurs pays d’origine ou des pays par lesquels ils sont passés”.

 

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Baisse des limitations de vitesse à 80 km/h : une mesure de bon sens politique

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Depuis trois ans, le nombre de morts sur les routes françaises est reparti à la hausse.
www.twin-loc.fr/Flickr, CC BY-SA

Fabrice Hamelin, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

Le 11 décembre dernier, le Premier Ministre Édouard Philippe annonçait dans un tweet qu’il était personnellement favorable à l’abaissement de la vitesse de 90 à 80 km/h sur les routes bidirectionnelles sans séparateur central. Depuis cette annonce surprise, les éditorialistes et les observateurs de l’action publique de sécurité routière, lorsqu’ils sont favorables à la mesure, mobilisent la thèse du courage politique pour expliquer son geste. Il y en a à défendre une mesure refusée par son prédécesseur pendant plusieurs années et fortement contestée par une partie des acteurs de la sécurité routière.

Pour autant, l’explication semble un peu paresseuse. Elle ne fait que reprendre le leitmotiv des acteurs associatifs, ceux qui sont favorables à la mesure, là encore, et n’ont cessé de dénoncer le manque de courage de Bernard Cazeneuve, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur et en charge du dossier. C’est surtout une explication faible et qui a pour défaut de ne pas rendre compte du travail politique engagé.

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Quelle politique publique pour les mineurs isolés étrangers ?

Portraits de mineurs étrangers réalisés au sein de la Maison du Jeune Réfugié. Un établissement géré par France Terre d’Asile.

C’est à l’issue d’une réunion à la mairie du 18ème arrondissement le 13 septembre 2016 que Madame Dominique Versini[i] déclarait :

« Il n’y a pas un seul mineur isolé à la rue à Paris ».

Les chiffres semblent néanmoins contredire l’adjointe à la Maire de Paris en charge de la protection de l’enfance. Si en 2012 la France comptait 4 000 mineurs non accompagnés (MNA) référencés, ce sont 25 000 mineurs étrangers qui sont peu ou prou pris en charge selon l’Agence des Départements de France fin 2017. L’urgence de la situation pousse des associations à tirer la sonnette d’alarme.

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Égalité des chances et éducation prioritaire : une politique publique inadaptée pour un objectif utopique ?

Source image : pixabay.com

 

“L’égalité des chances, c’est le droit de ne pas dépendre exclusivement de la chance ou de la malchance”, André Comte-Sponville, philosophe français, 1998.

Si l’instruction devient obligatoire en France dès 1882, l’école quant à elle est déjà inégalitaire en termes de réussite scolaire. L’école primaire est l’école “du peuple” tandis que le secondaire est l’école des privilégiés, des notables et des bourgeois qui se distinguent par leurs résultats. Il faudra attendre les années 1950 pour que soit abordée pour la première fois la thématique de l’échec scolaire grâce aux travaux de la sociologue Viviane Isambert-Jamanti. Elle rappelle en effet, que l’échec scolaire n’existe pas en soi, mais varie selon le moment socio-historique où il est considéré, selon les attentes de la société à l’égard de l’école, et de l’école elle-même à l’égard des élèves.

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