La lutte contre le paludisme au Sénégal : une politique sous influence?

Photo credit: John Bernon, USAID Health Officer Country (region): Senegal (Kedougou)

Avec 216 millions de cas dont 445 000 décès en 2016, le paludisme reste la première et plus meurtrière endémie parasitaire (1) mondiale. 2,7 milliards de dollars américains ont été investis en 2017 par les pays les plus touchés par l’épidémie et les bailleurs de fonds internationaux.

Pour le Sénégal, – dont 21% de la population était touchée en 2016 -, l’éradication du paludisme (2) est devenue un enjeu de santé publique majeur et un marqueur de développement du pays. Dès 1995, le gouvernement sénégalais a adopté un Plan National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), basé sur les recommandations de l’OMS. Le Sénégal est largement dépendant de l’aide internationale et des importations de médicaments : seuls 10 à 15% des médicaments sont produits localement. Cette dépendance rend considérable l’influence des bailleurs internationaux sur la politique de santé du Sénégal.

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Les lobbies afro-américains dans la politique des États-Unis

Pixabay

Une histoire de conquêtes politiques

De nombreuses luttes ont été menées par les groupes d’intérêts afro-américains depuis l’abolition de l’esclavage, en 1865, et l’établissement du  ségrégationnisme dans les États du Sud avec les lois Jim Crow en 1876.

Les groupes d’intérêts ou lobbies sont des groupes d’individus qui défendent des intérêts particuliers auprès des pouvoirs publics, tout en s’abstenant de toute participation aux élections. Leurs moyens d’action sont multiples (manifestations, plaintes, plaidoyers, corruption…).

Les mouvements contemporains de défense des intérêts afro-américains se sont développés tout au long du XXème siècle. Parmi eux, il est important de distinguer les défenseurs des droits de l’Homme des nationalistes afro-américains.

Du fait de revendications tantôt convergentes, parfois contradictoires, et des divers moyens de lutte utilisés par ces groupes d’intérêts afro-américains, on peut se demander comment leurs revendications politiques  ont évolué et quelle a été leur influence sur les politiques publiques des États-Unis ?

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En Amérique latine, des questions sociales sous influence religieuse ?

Au Salvador, au Honduras et au Nicaragua, l’influence de la religion catholique est particulièrement prédominante sur les questions qui tendent à bouleverser l’ordre social établi. Cette influence s’affirme d’autant plus légitime que les habitants sont attachés à la religion. Les populations y sont majoritairement catholiques (39% au Salvador, 44% au Honduras et 49% au Nicaragua), même si depuis quelques années on assiste à un essor du mouvement évangélique. Quelle est l’influence de l’Église sur le droit à l’avortement, les droits de la communauté LGBT ou plus largement l’éducation  ?  

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Comment Monsanto réussit à organiser l’ignorance autour de ses produits ?

Fondée en 1901 par John Francis Queeny, Monsanto est une entreprise spécialisée dans les biotechnologies agricoles, comme les semences, les pesticides, ou les organismes génétiquement modifiés (OGM).

Elle a fait beaucoup de bruit ces dernières années avec les scandales relatifs au glyphosate. Le géant, qui a fêté ses 117 ans cette année, arrive à s’imposer face aux Etats par le biais d’une machine bien huilée : les commanditaires donnent leurs ordres, les exécutants les appliquent, et enfin les agriculteurs et les scientifiques légitiment l’ensemble de cette machinerie.

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Algorithmes publics, transparence et démocratie

Devant l’écran, le 22 mai 2018, à Lille. Denis Charlet / AFP

Sylvie Thoron, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

Les algorithmes sont de formidables outils de gouvernance pour les administrations et semblent aujourd’hui inévitables. Nous voudrions montrer ici, à travers l’exemple de Parcoursup, qu’ils pourraient devenir aussi de puissants outils démocratiques. En janvier dernier, le gouvernement décidait de répondre à la forte contestation dont l’algorithme APB avait fait l’objet, par la mise en place hâtive de Parcoursup. Les mécontentements liés à APB avaient fini par se cristalliser autour du manque de transparence.

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Islam de France : des instances représentatives mais de qui ?

La police surveille des pratiquants priant dans la rue en signe de protestation contre la fermeture d’un lieu de culte à Clichy, en banlieue parisienne en 2017. Bertrand Guay/AFP

Fatima Khemilat, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

Lors de ses vœux aux autorités religieuses, le 4 janvier dernier, Emmanuel Macron a fait part de son intention de participer à la « structuration » de l’islam de France face aux défis contemporains que serait la division de la communauté musulmane et la crise internationale qu’elle traverse.

Pourtant, les autorités françaises ne sont pas à leur coup d’essai dans l’organisation de culte musulman sur le territoire français. Avant d’être un enjeu national, la gestion de l’islam a été un enjeu colonial. La conquête par la force du territoire algérien par l’empire français au début du XIXe siècle s’est accompagnée par une tentative, réussie il faut l’admettre, de mettre la main sur l’islam en Algérie où peu à peu il s’est inscrit

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Le « virage ambulatoire » de l’hôpital : de la communication ou une vraie politique de santé ?

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Entré le matin à l’hôpital, le patient opéré ressort le jour même : c’est le principe de l’ambulatoire. Ici dans le service de cardiologie d’une clinique de Rome, en Italie.
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Yves Palau, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

À l’hôpital, les soins en ambulatoire, c’est-à-dire sans que le patient y passe la nuit, sont encouragés depuis plusieurs années. « D’ici à 2022, je souhaite porter la médecine ambulatoire à 55 % et la chirurgie ambulatoire à 70 % », contre 43 % et 54 % aujourd’hui, déclarait la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, à l’automne 2017.

Ce changement dans la manière de soigner, qualifié de « virage ambulatoire », vise à la fois à délivrer de meilleurs soins et à diminuer leur coût. Deux spécialistes de notre système de santé se sont rapprochés pour l’analyser dans un livre publié récemment aux Presses de l’EHESP, Les fondements du virage ambulatoire. Maurice-Pierre Planel est président du Comité économique des produits de santé, organisme chargé notamment de fixer le prix des médicaments. Frédéric Varnier est directeur général adjoint de l’Institut Gustave Roussy, le centre anti-cancer parisien.

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80 km/h : pourquoi tant de haine ?

Crédit photo : manifestation de motards le 27 janvier 2018 à Mérignac. Mehdi Fedouach/AFP

Le 1er juillet prochain, les vitesses autorisées de circulation seront abaissées de 90 à 80 km/h sur 400 000 km de routes bidirectionnelles dépourvues de séparateur central.

Depuis l’annonce, le 9 janvier 2018, de l’abaissement de la vitesse par le premier ministre, la controverse s’est installée dans les réseaux sociaux, les médias et le débat public. Elle n’a guère baissé d’intensité tout au long du semestre qui sépare la décision de sa mise en œuvre. Au lendemain même de la publication du décret, des élus et des associations ont saisi le Conseil d’État pour demander son annulation pour « excès de pouvoir » ! Face à cette mobilisation et l’opposition de l’opinion publique, les médias vont même faire d’Édouard Philippe une figure du courage en politique, là où il faudrait sans doute davantage valoriser la méthode et le travail en politique !

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La lutte contre les marchands de sommeil

Il n’existe pas de définition juridique du marchand de sommeil. Celui-ci est défini généralement par rapport à différentes notions prévues par les textes et notamment le Code de la santé publique. Ainsi, un marchand de sommeil serait un bailleur qui loue un bien immobilier : indigne, indécent et insalubre

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La concertation dans l’action écologique

« Êtes-vous favorable au projet de transfert de l’aéroport de Nantes-Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes ? » Telle était la question à laquelle les  électeurs des communes de Loire-Atlantique ont été invités à répondre par référendum le 26 juin 2016. Ce référendum n’est qu’une des manifestations les plus visibles d’un recours de plus en plus fréquent à la participation citoyenne pour répondre à des enjeux de politiques publiques, notamment sur des questions environnementales. C’est une démarche qu’on appelle concertation.

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