Union européenne – Union africaine: Un nouveau souffle pour la coopération

Le cinquième sommet triennal entre l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE) a eu lieu les 29 et 30 novembre 2017 dans la capitale ivoirienne. Ce sommet a réuni les dirigeants européens et africains des 55 états membres afin qu’ils définissent les orientations futures de la coopération entre les deux continents. Ensemble, ils ont adopté une déclaration commune exposant les priorités pour le partenariat UE-UA dans quatre domaines stratégiques : perspectives économiques pour les jeunes ; paix et sécurité ; mobilité et migration ; coopération sur la gouvernance. Les relations UE-UA ont été mouvementées en 2016 en raison de l’incident portant sur le paiement par l’UE des troupes de la mission de l’UA en Somalie. En effet, cette affaire a fait ressurgir des insatisfactions à propos des aspects financiers et des lacunes que chaque organisation perçoit chez l’autre. Actuellement, les deux organisations connaissent une période de réformes internes et de transition qui auront des incidences considérables sur leur partenariat tout particulièrement en matière de paix et de sécurité. D’une part, l’UA a entamé une réforme institutionnelle profonde qui, si elle est achevée pourrait la rendre plus réactive, plus efficace et plus indépendante financièrement. Puis de l’autre, l’UE a perdu l’un de ses membres les plus riches et influents. L’UE doit également surmonter les défis posés par la crise migratoire et la lutte contre le terrorisme, qui l’animent de divisions internes. Cela aura nécessairement des conséquences sur ses relations avec l’UA.

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Les travailleurs détachés : Un nouveau défi pour l’Europe

Le 8 mars 2016, la Commission européenne a proposé une révision des règles sur le détachement de travailleurs au sein de l’UE afin de les adapter aux besoins actuels. Tant que cette proposition n’a pas été approuvée par les États membres et le Parlement européen, la réglementation actuelle reste en vigueur. Compte tenu des lenteurs administratives, le contexte évolue et les lois se trouvent en inadéquation avec la situation. Par conséquent, une nouvelle réforme a été pensée et soumise aux votes. Ainsi, avec cette réforme, le salarié pourra bénéficier d’un salaire équivalent ou supérieur au salaire minimal en vigueur dans le pays de détachement. Il pourra également bénéficier du régime de sécurité sociale sous réserve de s’inscrire.

La Commission européenne

Une nouvelle directive contre les abus

Afin de lutter contre les abus, il y a la mise en place, en 2016, d’une carte d’identification professionnelle obligatoire, notamment dans le BTP. Des sanctions sont prévues pour le travail illégal et la présence d’agents de contrôle est renforcée. Une première version du texte avait été rejetée par 11 pays, principalement d’Europe centrale ou de l’Est (Pologne, Bulgarie, Hongrie, Croatie, République Tchèque, Estonie, Roumanie, Lituanie, Lettonie, Slovaquie, Danemark). Les discussions se sont poursuivies durant un an et Emmanuel Macron avait proposé en juin 2017, une nouvelle révision du texte, dans le sens d’un durcissement en renforçant la coopération européenne contre les fraudes.

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Politique agricole au Nigéria : entre potentialités, ambitions et impasses

Récolte de tomates par des ouvriers agricoles nigérians soutenus par l’entreprise Babban Gona dans la lutte contre le chômage et la réduction des conflits. Photographie de Jason Andrew. Source : Natgeographic, Nigéria : L’agriculture contre les armes 

L’action publique en matière d’agriculture dans les pays africains est présentée comme ayant eu un impact significatif sur la réduction de la pauvreté et comme un moteur de croissance. Parmi les plus connus d’entre eux, les grands projets de réforme agraire du Burkina Faso initiés par Thomas Sankara, personnalité très attachée à la souveraineté alimentaire. 

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Algorithmes publics, transparence et démocratie

Devant l’écran, le 22 mai 2018, à Lille. Denis Charlet / AFP

Sylvie Thoron, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

Les algorithmes sont de formidables outils de gouvernance pour les administrations et semblent aujourd’hui inévitables. Nous voudrions montrer ici, à travers l’exemple de Parcoursup, qu’ils pourraient devenir aussi de puissants outils démocratiques. En janvier dernier, le gouvernement décidait de répondre à la forte contestation dont l’algorithme APB avait fait l’objet, par la mise en place hâtive de Parcoursup. Les mécontentements liés à APB avaient fini par se cristalliser autour du manque de transparence.

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Islam de France : des instances représentatives mais de qui ?

La police surveille des pratiquants priant dans la rue en signe de protestation contre la fermeture d’un lieu de culte à Clichy, en banlieue parisienne en 2017. Bertrand Guay/AFP

Fatima Khemilat, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

Lors de ses vœux aux autorités religieuses, le 4 janvier dernier, Emmanuel Macron a fait part de son intention de participer à la « structuration » de l’islam de France face aux défis contemporains que serait la division de la communauté musulmane et la crise internationale qu’elle traverse.

Pourtant, les autorités françaises ne sont pas à leur coup d’essai dans l’organisation de culte musulman sur le territoire français. Avant d’être un enjeu national, la gestion de l’islam a été un enjeu colonial. La conquête par la force du territoire algérien par l’empire français au début du XIXe siècle s’est accompagnée par une tentative, réussie il faut l’admettre, de mettre la main sur l’islam en Algérie où peu à peu il s’est inscrit

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Le « virage ambulatoire » de l’hôpital : de la communication ou une vraie politique de santé ?

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Entré le matin à l’hôpital, le patient opéré ressort le jour même : c’est le principe de l’ambulatoire. Ici dans le service de cardiologie d’une clinique de Rome, en Italie.
Shutterstock

Yves Palau, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

À l’hôpital, les soins en ambulatoire, c’est-à-dire sans que le patient y passe la nuit, sont encouragés depuis plusieurs années. « D’ici à 2022, je souhaite porter la médecine ambulatoire à 55 % et la chirurgie ambulatoire à 70 % », contre 43 % et 54 % aujourd’hui, déclarait la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, à l’automne 2017.

Ce changement dans la manière de soigner, qualifié de « virage ambulatoire », vise à la fois à délivrer de meilleurs soins et à diminuer leur coût. Deux spécialistes de notre système de santé se sont rapprochés pour l’analyser dans un livre publié récemment aux Presses de l’EHESP, Les fondements du virage ambulatoire. Maurice-Pierre Planel est président du Comité économique des produits de santé, organisme chargé notamment de fixer le prix des médicaments. Frédéric Varnier est directeur général adjoint de l’Institut Gustave Roussy, le centre anti-cancer parisien.

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80 km/h : pourquoi tant de haine ?

Crédit photo : manifestation de motards le 27 janvier 2018 à Mérignac. Mehdi Fedouach/AFP

Le 1er juillet prochain, les vitesses autorisées de circulation seront abaissées de 90 à 80 km/h sur 400 000 km de routes bidirectionnelles dépourvues de séparateur central.

Depuis l’annonce, le 9 janvier 2018, de l’abaissement de la vitesse par le premier ministre, la controverse s’est installée dans les réseaux sociaux, les médias et le débat public. Elle n’a guère baissé d’intensité tout au long du semestre qui sépare la décision de sa mise en œuvre. Au lendemain même de la publication du décret, des élus et des associations ont saisi le Conseil d’État pour demander son annulation pour « excès de pouvoir » ! Face à cette mobilisation et l’opposition de l’opinion publique, les médias vont même faire d’Édouard Philippe une figure du courage en politique, là où il faudrait sans doute davantage valoriser la méthode et le travail en politique !

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La lutte contre les marchands de sommeil

Il n’existe pas de définition juridique du marchand de sommeil. Celui-ci est défini généralement par rapport à différentes notions prévues par les textes et notamment le Code de la santé publique. Ainsi, un marchand de sommeil serait un bailleur qui loue un bien immobilier : indigne, indécent et insalubre

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