Alternance politique et loi antiterroriste : vers un état d’urgence permanent ?

Manifestation « Migrants Welcome » du 21 novembre 2015, interdite par les autorités sous l’état d’urgence  Photographe : Jeanne Menjoulet

14 novembre 2015. La France se réveille après une série d’attentats sans précédent. La veille, plus de 130 personnes ont trouvé la mort en région parisienne alors qu’ils assistaient à un concert ou buvaient un verre en terrasse. C’est sous le choc, et certainement sous l’influence de la peur de revivre ce cauchemar, que le gouvernement Valls va décréter, quelques heures seulement après ces attaques meurtrières, l’instauration de l’état d’urgence. Ce dernier va être reconduit six fois en deux ans, connaîtra l’alternance politique avec l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir, jusqu’à entrer dans le droit commun le 1er novembre 2017. Il aura duré 719 jours.

C’est certainement la mesure qui aura été la plus décriée ces dernières années, notamment par les organisations de lutte pour les libertés fondamentales qui soulignent son côté trop sécuritaire. Mais alors, qu’a concrètement changé cet état d’exception ? Focus sur une politique publique qui a profondément modifié et divisé tout un pays.

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[Dossier sur la lutte contre la radicalisation]Les politiques publiques de lutte contre la radicalisation : une gouvernance multi niveaux

Les politiques publiques de lutte contre la radicalisation peuvent être étudiées à partir d’une approche par les acteurs. On constate de plus en plus une diversification des acteurs dans la lutte contre la radicalisation. C’est d’ailleurs ce processus de diversification qui constitue la dimension transversale du PART (Plan d’Action contre la radicalisation et le Terrorisme). Ce plan, s’il prend en compte un ensemble de mesures sectorielles, associe également différents ministères et des acteurs de cultures professionnelles propres et dotés de savoir-faire singuliers (Manuel Valls, 2016). Lire la suite

De l’Etat de droit à l’état d’urgence : la lutte contre le terrorisme, en France, suite aux attentats de janvier 2015

L’état d’urgence toujours en vigueur dans l’agglomération parisienne en mars 2016

Le terrorisme, un constat accablant

Dans l’article premier de la Convention pour la prévention et la répression du terrorisme adoptée par la Société des Nations le 16 novembre 1937, les 24 États membres définissent les actes terroristes comme s’agissant de « faits criminels dirigés contre un État et dont les fins ou la nature consistent à provoquer la terreur à l’encontre de personnes déterminées, de groupes de personnes ou du public ».[1] Lire la suite

Sécurité : les leçons d’Istanbul

Fabrice Hamelin, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

Les aéroports sont les infrastructures de transport pour lesquelles les dispositifs de sécurité sont les plus visibles et les plus contraignants. Ce sont aussi celles pour lesquelles les réflexions sur leur protection ont été le plus poussées. Le XXe siècle en a fait des cibles privilégiées pour les attentats terroristes. Le début du XXIe siècle s’inscrit dans la continuité. La menace est donc bien identifiée et a été intégrée dans la conception et l’organisation du transport aérien. La lutte antiterroriste a ainsi conduit à un contrôle accru des voyageurs et des bagages tant par le recours aux nouvelles technologies, le déploiement de services de sécurité qu’à l’organisation même des flux. Lire la suite

La sûreté des transports à l’épreuve du risque terroriste

L’aéroport de Bruxelles cible des terroristes du 22 mars. Yorick Jansens/AFP

Fabrice Hamelin, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

La mise en débat de la menace terroriste et des réponses qui y sont apportées par les pouvoirs publics est un signe de bonne santé démocratique. Il semble plutôt sage que ces questions aussi soient discutées en place publique et ne soient plus perçues comme réservées aux seuls spécialistes, qu’ils soient professionnels de la sécurité ou politiques en responsabilité. Lire la suite

Les interventions militaires françaises

L’expansion géographique des groupes armés terroristes, au cours des dernières années, fait que la question de la projection de forces armées dans les territoires concernés, parfois très éloignés des frontières nationales, prend de l’ampleur dans le débat public. Les interrogations portent notamment sur le rôle des militaires dans la décision politique, sur la légitimité des interventions armées et sur l’éthique des militaires français. Lire la suite

[Dossier sur la lutte contre la radicalisation] De la prise en compte de la « radicalisation » à sa mise en œuvre

L’action Publique anti-terroriste se conçoit dans un dialogue entre le passé et le présent. Cette dynamique permet d’analyser les enjeux de sa version moderne : Le Plan d’Action contre la Radicalisation et le Terrorisme (P.A.R.T). Construction sociale, le terrorisme est un terme purement politique qui sert avant tout à désigner « une violence politique considérée comme illégitime » (Ragazzi, 2014). Cette menace à la fois palpable et insaisissable a su générer au cours de chaque époque, à travers diverses formes, une peur collective. Lire la suite

Les enjeux actuels et internationaux des politiques publiques de déradicalisation

Les dernières attaques terroristes qui ont frappées l’Europe nous amènent à une réflexion sur les politiques publiques menées en terme de « déradicalisation » des individus. La radicalisation religieuse, et particulièrement celle reliée à l’islam, fait l’objet de nombreuses préoccupations.

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